Fonctionnement du Système sur Disque Dur

Afin de pouvoir assurer le maintien des services hébergés, le système d'exploitation Raspbian tourne sur un disque dur relié au port USB. Il faut savoir que l'on va solliciter le support de stockage en lecture/écriture. Si ce dernier est une microSD, cela finira par provoquer des dysfonctionnements de celle-ci et sa durée de vie réduite. Maïs que devient la microSD dans tout ça ? Me direz-vous. Évidemment sur une board ARM la microSD sert de clef de démarrage contrairement à un PC dont le système démarre par défaut à partir de son disque dur. Donc “coupons la poire en deux” et mettons chaque chose à sa place :

  • microSD ⇒ /boot
  • Disque Dur ⇒ / Raspbian, logiciels et les données

Avant de poursuivre, j'attire votre attention sur le fait que les manipulations qui vont suivre demandent une certaine maîtrise du shell et de la ligne de commande. Soyez vigilants lors des copier/coller, une erreur de frappe peut-être fatale. Dans tous les cas je ne me tiendrai responsable des dommages pouvant être causés sur votre matériel. Ce tuto avant d'être ecrit a été testé.

  1. Le Raspberry et la microSD montée
  2. Le Disque Dur avec alimentation externe, connecté au port USB.
  3. Se connecter en SSH (root) au Raspberry
  • Repérage du disque dur

root#

fdisk -l

fdisk

Disk /dev/mmcblk0: 14.4 GiB, 15489564672 bytes, 30253056 sectors
Units: sectors of 1 * 512 = 512 bytes
Sector size (logical/physical): 512 bytes / 512 bytes
I/O size (minimum/optimal): 512 bytes / 512 bytes
Disklabel type: dos
Disk identifier: 0x4d78b898

Device         Boot Start      End  Sectors  Size Id Type
/dev/mmcblk0p1       8192    96042    87851 42.9M  c W95 FAT32 (LBA)
/dev/mmcblk0p2      98304 30253055 30154752 14.4G 83 Linux


Disk /dev/sda: 465.8 GiB, 500107862016 bytes, 976773168 sectors
Units: sectors of 1 * 512 = 512 bytes
Sector size (logical/physical): 512 bytes / 512 bytes
I/O size (minimum/optimal): 512 bytes / 512 bytes
Disklabel type: dos
Disk identifier: 0x61174121
On peut se repérer par rapport à la taille de chaque disque par exemple. 14.4 GiB ne peut-être (chez moi) que la microSD. Donc 465.8 GiB le disque dur de 500 Go. Il est ainsi identifié par /dev/sda

Dans tous les cas il est indispensable d'utiliser un disque dur vierge. Qu'il soit neuf ou qu'il fut déjà utilisé il faudra le reformater avec une partition de type LINUX ext4. Notez qu'au lieu de dire disque dur sda, l'on parlera plutôt de partition sda1 car c'est sur cette dernière que l'on travaille.

* Modification du type de Partition sur le disque

root#

fdisk /dev/sda
* On part du principe qu'il y a une partition. On la supprime, taper d + ENTRÉE

fdisk

Welcome to fdisk (util-linux 2.29.2).
Changes will remain in memory only, until you decide to write them.
Be careful before using the write command.

Command (m for help): d
Selected partition 1
Partition 1 has been deleted.
* Ajout d'une nouvelle partition, taper n ÷ ENTRÉE puis w pour sauvegarder les modifications

fdisk

Command (m for help): n
Faire ENTRÉE à chaque question puis si that is the question
Do you want to remove the signature? [Y]es/[N]o: Y
Created a new partition 1 of type 'Linux'...
Command (m for help): w

Confirmation des modifications sur le disque
* Formatage en ext4 de la partition de tyoe Linux fraîchement créée

root#

mkfs.ext4 /dev/sda1
Maintenant on est prêt pour procéder au clonage de l'OS

Clonage veut dire à l'identique c'est à dire le tyoe de partition, les droits, liens symboliques…

  • Tout d'abord montage de la partition 1 du disque dur /dev/sda1. Elle sera accessible via le dossier /mnt

root#

mount /dev/sda1 /mnt

  • Clonage de l'OS sur le disque dur à l'exception de certains dossiers système dit dynamiques

root#

rsync -av --exclude={"/boot/*","/dev/*","/proc/*","/sys/*","/tmp/*","/run/*","/mnt/*","/media/*","/lost+found"} / /mnt/
rsync : copie synchronisée, a : conservation des permissions de fichiers, v : un peu de bavardage, le temps paraîtra moins long

La Dernière étape est la configuration du démarrage du Raspberry afin que l'OS (Raspbian) soit chargé non plus sur la microSD mais sursur le Disque Dur.

Dans un premier temps, il faut pouvoir identifier chaque support de stockage, notamment le disque dur. Chacun sera identifié par leur partition. Le but est d'obtenir un PARTUUID

  • Executer la commande :

root#

blkid

  • Ce qui donne chez moi :

blkid

/dev/mmcblk0p1: LABEL="boot" UUID="16D2-035F" TYPE="vfat" PARTUUID="4d78b898-01"
/dev/mmcblk0p2: LABEL="rootfs" UUID="d065e631-6b9d-48c0-a8fe-e663b42828e0" TYPE="ext4" PARTUUID="4d78b898-02"
/dev/sda1: UUID="36a171b4-fa20-429b-a86d-dc12ca6a4440" TYPE="ext4" PARTUUID="61174121-01"
/dev/mmcblk0: PTUUID="4d78b898" PTTYPE="dos"

  • Plus concrètement :
Périphérique LABEL PARTUUID TYPE Signification
microSD /dev/mmcblk0p1 boot 4d78b898-01 vfat Démarrage du système
microSD /dev/mmcblk0p2 rootfs 4d78b898-02 ext4 Raspbian & données
Disque Dur /dev/sda1 61174121-01 ext4 Raspbian & données clonés
  1. On garde 4d78b898-01 pour le démarrage du Raspberry
  2. 61174121-01 où se trouve désormais l'OS
  • Déclaration des partitions sur le système

root#

nano /etc/fstab

  • Remplacement de la valeur du champ PARTUUID par celle du Disque dur, sur la ligne avec / ext4 defaults,noatime 0 1. Pour moi ça donne :

/etc/fstab

proc            /proc           proc    defaults          0       0
PARTUUID=4d78b898-01  /boot           vfat    defaults          0       2
#PARTUUID=4d78b898-02  / [...] Ancienne configuration à remplacer par
PARTUUID=61174121-01  /               ext4    defaults,noatime  0       1

# a swapfile is not a swap partition, no line here
#   use  dphys-swapfile swap[on|off]  for that

  • Configuration du démarrage du Raspberry

Ce qui suit est à manipuler avec Précaution !!

root#

nano /boot/cmdline.txt

  • Remplacement de la valeur du champ root=PARTUUID par celle du disque dur. Pour moi ça donne :

/boot/cmdline.txt

dwc_otg.lpm_enable=0 console=serial0,115200 console=tty1 root=PARTUUID=61174121-01 rootfstype=ext4 elevator=deadline fsck.repair=yes rootwait
Attention !! à bien garder les ESPACES entre chaque champ et d'éviter les retours à la ligne.

Il ne reste plus qu'à redémarrer le Raspberry. Si toutes les étapes ont bien été respectées, le système d'exploitation ainsi que les logiciels et les données doivent tourner désormais sur le disque dur.